Homélie du 29 mars 2026_Dimanche des Rameaux
Il blasphème, dit-on. Et c’est même pour cela qu’on va juger qu’il mérite la mort. Il blasphème : il se prétend Fils de Dieu alors qu’il lui ressemble tellement peu. Ce qu’il dit, ce qu’il est, ne ressemble pas à l’idée que l’on a de Dieu. Il ne peut être qu’un imposteur. Il faut le faire taire, pour qu’il cesse de nous détourner de l’idée que nous nous faisons de Dieu.
Quelle idée ?
Il y en a encore – nous peut-être – qui ont parfois peur de Dieu et du mal qu’il pourrait nous faire. Il y en a qui pense que Dieu ne peut pas être dans la souffrance des hommes ; si on souffre, c’est soit parce qu’on est loin de Dieu, soit parce qu’il est loin de nous. Il y en a qui pense que Dieu ne peut pas nous pardonner parce qu’on l’a trop trahi. Il y en a qui pensent que Dieu ne peut pas être dans la mort. Pour tout dire, il y en a qui pense que Jésus ne peut pas être vraiment Dieu. Il ressemble tellement peu à l’idée qu’on se fait de Dieu !
Si au contraire on croit que Jésus est vraiment la manifestation de Dieu, alors il nous montre un tout autre visage de Dieu : pas de violence de sa part, pas d’accusation, pas de miracle à son propre profit. Mais au contraire quelqu’un qui accepte de partager la souffrance des hommes et les rejoint jusque dans l’épreuve de la mort. Jésus modifie totalement l’image qu’on se fait de Dieu.
Alors de deux choses l’une : ou bien Jésus n’est pas Dieu, ou bien Dieu n’est pas celui que nous croyons. Ou bien Jésus est un menteur sur Dieu, ou bien il est un révélateur de Dieu.
Suivons-le cette semaine dans sa Passion pour, peut-être, découvrir Dieu sous un jour nouveau. On en reparle dans une semaine.
François RENAUD

