Si Dieu est pour l’homme, ce ne peut être que dans une relation qui engage tout. Aller à lui coïncidera avec la démarche où l’être parvient à humainement vivre, par une puissance et une source qui le lui donnent et qu’il connaît en ce don.
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 Nous sommes des ouvriers

Il est bon parfois de prendre du recul
Et de regarder derrière soi.
Le royaume n’est pas seulement au-dessus de nos efforts,
Il est aussi au-delà de notre vue.
Durant notre vie, nous n’accomplissons qu’une petite partie

De cette entreprise magnifique qu’est le travail de Dieu.
Rien de ce que nous faisons n’est achevé,
Ce qui voudrait dire, en d’autres termes,
Que le royaume se trouve au-delà de nos possibilités.
Aucune déclaration ne dit tout ce qui peut être dit.
Aucune prière n’exprime complètement notre foi.
Aucune religion n’apporte la perfection,
Aucune visite pastorale n’apporte la plénitude
Aucun programme n’accomplit la mission de l’Église.
Aucun ensemble de buts et d’objectifs ne peut être complet.
C’est ainsi que nous sommes
Nous plantons des graines qui un jour pousseront.
Nous arrosons ces graines plantées,
Sachant qu’elles portent en elles la promesse du futur.
Nous posons des fondements qui devront être élevés.
Nous fournissons le levain qui produira des effets
Bien au-dessus de nos capacités.
Nous ne pouvons pas tout faire,
Et le comprendre nous apporte un sentiment de libération.
Cela nous permet de faire quelque chose,
Et de le faire bien.
Ce n’est peut-être pas fini,
Mais c’est un début,
Un pas de plus sur le chemin,
Une opportunité de laisser entrer la grâce du Seigneur
Qui fera le reste.
Nous pouvons ne jamais voir les résultats finaux,
Mais c’est la différence
Entre le maître, l’artisan et l’ouvrier.
Nous sommes des ouvriers, pas des maîtres artisans,
Des ministres, pas des messies.
Nous sommes les prophètes d’un futur qui ne nous appartient pas.
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Portrait de Monseigneur Oscar ROMERO
 Oscar ROMERO
Archevêque de San Salvador
Assassiné le 24 mars 1980
Texte publié dans le bulletin paroissial de juillet-août 2010

 En prison : Noël


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En prison : Noël Chemin de paix

Flamme d'une bougie doréeLoin de tout faste, les femmes incarcérées à la Maison d’Arrêt de Nantes, durant les quatre semaines de l’Avent se sont préparées dans la simplicité, et en y mettant tout leur cœur pour vivre au mieux cette fête de Noël, et lui donner du sens.

Célébrer la Nativité de Jésus, renvoie chacun à son enfance, à sa propre histoire… Pour une maman, une épouse, vivre la période de Noël en détention est une épreuve qui génère beaucoup de mal-être et de souffrance, tant par la séparation de ceux qui lui sont chers, que par le fait de son incarcération.

« Ensemble, bâtir la Paix » était le thème retenu pour célébrer Noël. La Paix : un mot souvent utilisé par les femmes incarcérées et qui traduit bien leur quête permanente d’une recherche de cet état de compréhension, de quiétude…

Privées de liberté, les femmes vivent sans superflu laissant place à l’essentiel pour réfléchir, prier et accueillir le message de Noël. Celui-ci est une invitation à vivre : l’accueil, le respect, le partage, la tolérance, la solidarité pour construire la Paix. Cette construction est un combat de chaque jour dans un milieu où les tensions et les violences sont omniprésentes.

Voici quelques réflexions partagées pendant l’Avent et lors de la célébration de Noël :

« Je viens et je participe aux rencontres de l’aumônerie parce que ça m’apaise. Je suis plus calme et je passe une bonne journée. »

« J’ai réalisé tout le mal que j’ai fait à ma famille. Je ne sais pas si Dieu me pardonnera ? Mais maintenant, je ne veux plus de cette vie là qui détruit ce qu’il y a de meilleur en moi. J’ai envie de construire quelque chose qui dure, et de connaître le vrai bonheur ; le principal c’est l’amour. »

« Il ne faut pas rester sur les échecs, les moments difficiles où l’on ne voit pas clair dans sa vie. J’ai pris conscience de ce qui n’est pas bien, je veux avancer vers une vie meilleure. Je suis contente que mes proches me pardonnent mes erreurs, et que des personnes m’aident à repartir. »

« C’est très dur ici, au début je comptais les mois, maintenant ce sont les années ; mais il faut tenir… Je réfléchis, je cherche à comprendre pourquoi je suis arrivée ici. Je prie tous les jours, j’ai confiance en Dieu. Dans cette maison, j’ai retrouvé la paix et confiance en moi, dehors j’étais en prison. »

« Je n’ai pas de parloir, mes enfants sont loin, ma maman est malade, c’est très dur de vivre séparée de ceux que j’aime ; mais ici je rencontre des gens qui sont accueillants, respectueux, c’est cela qu’il faut voir, sinon je ne m’en sortirai pas. Et puis au-dessus de la justice des hommes, il y a la justice de Dieu, ça m’aide à vivre. »

« L’important, ce n’est pas ce qui paraît, mais ce qu’il y a dans nos cœurs. Ce que nous avons envie et essayons de faire, même si nous n’y arrivons pas toujours. Il faut être patient, avoir confiance et recommencer. Je prie souvent, ça m’aide à vivre de dire à Dieu mes inquiétudes, mes soucis pour mes enfants. »

« Nous sommes rassemblés pour célébrer Noël dans cette Maison d’Arrêt, ici, nous formons une vraie famille. C’est être de l’Église, c’est nous reconnaître membre de la communauté des chrétiens. Jésus est venu pour tous. »
C’est Noël sur la terre, chaque jour,
car Noël ô mon frère c’est l’amour…
A travers tous ces liens qui se tissent, cette confiance manifestée, ces paroles qui libèrent, ces regards qui relèvent, cette espérance qui germe dans les cœurs, ces projets d’avenir qui se concrétisent, cette vie qui renaît, c’est Dieu qui manifeste son Amour à l’humanité…

Un don à accueillir et à partager pour bâtir la Paix.

 

Récit d’Yvette Bouin, membre de la communauté paroissiale, aumônier de prison,
publié dans le bulletin paroissial de janvier 2010