Homélie du 7 juin 2026_Baptêmes et premières communions des enfants
par François RENAUD.
Tout commence par le baptême. C’est par le baptême que Jésus nous fait entrer dans la vie de Dieu. Vous, les baptisés qui êtes présents dans cette église – enfants, jeunes, adultes – vous êtes déjà entrés dans la vie de Dieu, une vie qui n’a pas de fin, une vie que même la mort ne peut pas arrêter. C’est ce que nous avons fêté à Pâques avec la résurrection de Jésus. Nous, les baptisés, nous sommes déjà entrés dans la vie éternelle. Cela ne veut pas dire que les autres n’y entreront pas, mais seulement que nous, par le baptême, nous avons un temps d’avance, nous y sommes déjà. Et vous, les enfants qui allez recevoir le baptême, vous allez enter dans cette vie. Par la naissance, vous étiez entrés dans la vie humaine, dans la vie sur terre ; par le baptême, vous allez entrer dans la vie de Dieu.
Une fois qu’on est accueillis dans la vie de Dieu, il faut vivre en enfants de Dieu. On apprend à le faire par la catéchèse, par ce que nous en disent nos parents. Si je vous demandais maintenant ce que ça veut dire, vivre en enfants de Dieu, vous auriez sûrement des réponses à donner. Par exemple, c’est vivre en essayant de s’aimer ; c’est prier le Seigneur de temps en temps ; c’est parler de sa foi, parler de Jésus, avec ses amis. On pourrait sans doute donner plein d’autres réponses. Mais en même temps, on sait bien que ce n’est pas si facile de vivre en enfants de Dieu. Quelquefois, c’est même au-dessus de nos forces.
C’est un peu comme les hébreux dans le désert, comme nous l’avons entendu dans la première lecture : les hébreux étaient esclaves en Égypte, et Dieu les a libérés pour les conduire en Terre Promise. Mais pour aller d’Égypte en Terre Promise, il y a un désert à traverser, et c’est difficile. Dans un désert, on a soif, on a faim. Alors Dieu leur a donné non seulement de l’eau en la faisant sortir d’un rocher, mais surtout une nourriture – une sorte de pain – qui venait du ciel chaque matin, qui s’appelle la manne.
Alors pour vous, qui êtes enfants de Dieu, Jésus va vous donner une nourriture, qui sera une vraie force pour vivre en enfants de Dieu. Et cette force, c’est lui-même. C’est ce que Jésus dit à ses disciples : « moi, je suis le pain vivant ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Puis Jésus continue en disant : « le pain que je donnerai, c’est ma chair ». Autrement dit : je suis vraiment présent dans ce pain, c’est vraiment moi. C’est ce qu’on célèbre à chaque messe, quand le prêtre prend le pain qu’on a déposé sur l’autel (sous forme d’hosties) et qu’il redit les paroles de Jésus : « ceci est mon corps, livré pour vous ». Communier, c’est recevoir vraiment Jésus dans notre vie. C’est une nourriture qui nous rend forts pour vivre en enfants de Dieu.
Donc grâce à cette force, pour pourrez être fidèles à votre baptême. Mais attention, cette nourriture, c’est un peu comme les repas qu’on prend à la maison : ils refont nos forces jusqu’au repas suivant. Mais si on ne prend pas d’autre repas, on mourra de faim. La communion, c’est un peu pareil : il faut qu’on vienne régulièrement communier, pour nourrir notre vie d’enfant de Dieu.
Je voudrais insister sur une dernière chose avant de terminer. Je disais que par le baptême on entre dans la vie de Dieu. Il faut dire aussi qu’on entre dans la famille de Dieu. Quand on est enfant de Dieu, on reconnaît que Dieu est notre Père, et que les autres sont nos frères et sœurs. Si on est en (comm)union avec Dieu, alors nous sommes aussi en (comm)union les uns avec les autres. Quand vous aurez communié pour la première fois tout à l’heure, vous pourrez dire merci à Jésus d’être venu dans votre cœur, dans votre vie ; mais je vous invite aussi à lui dire merci d’être venu dans le cœur et dans la vie des autres. Vous êtes habité par la vie de Jésus, et lui aussi, elle aussi. Alors vous êtes frères, vous êtes sœurs les uns des autres. Et voilà que vous donnez visage à l’Église, car l’Église c’est la communauté de ceux qui sont en communion avec Dieu, c’est la famille de ceux qui reconnaissent Dieu comme leur Père.
Préparons-nous, dans le recueillement, à devenir enfant de Dieu par le baptême, à être en communion avec lui et les uns avec les autres, par la communion à son corps.

