Homélie du 9 août 2026_19ème dimanche ordinaire
Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas ! Quoique…
De même qu’il a apaisé la faim, Jésus va apaiser la tempête.
Rappelez-vous dimanche dernier : la multiplication des pains, les foules, le miracle du partage dans le désert.
La page d’évangile d’aujourd’hui suit immédiatement : Jésus a missionné ses disciples en barque sur la mer, il a renvoyé les foules, et il s’est retiré sur la montagne pour prier.
La barque des disciples est ballottée par la tempête au milieu des eaux, et les disciples sont affolés.
Mais ce n’est pas pour nous parler de météo marine que l’Evangile nous rapporte cet épisode, juste après la multiplication des pains.
Je crois que nous pouvons voir un lien entre ces 2 passages, qui sont une révélation du Dieu sauveur, au milieu des difficultés. Et certainement un éclairage pour notre foi.
Je distingue 3 temps :
- Une situation de crise : la foule affamée dans le désert, et la tempête sur la mer,
- Une initiative dérisoire des disciples : apporter 5 pains, et faire quelques pas sur l’eau,
- L’intervention miraculeuse de Jésus : il nourrit la foule, et il sauve la vie d’un homme
Dans les 2 épisodes successifs, Jésus est saisi de compassion et il sauve. Il part de l’initiative minime de ses disciples, pour intervenir lui-même en surcroit, et il manifeste sa divinité.
Le ‘tout proche’ se révèle le ‘tout autre’.
Je reviens à la tempête : les tempêtes sur le lac de Galilée sont causées par sa position géographique unique (à plus de 200 mètres sous le niveau de la mer) en contrebas des montagnes qui l’entourent, ce qui peut provoquer un phénomène de dépression, et des vents violents et soudains. Ce n’est pas le Lac de Grandlieu…
Les exégètes nous expliquent que la mer représente le séjour des forces de la mort. La marche de Jésus sur la mer symbolise sa domination sur les forces du mal : « Courage, c’est moi, n’ayez plus peur ! »
En répondant à l’audace de Pierre, Jésus l’appelle : « viens ! ». Acte de foi incroyable de Pierre qui descend de la barque et qui marche sur l’eau pour rejoindre Jésus. Les autres disciples restent dans la barque, et je crois que je serais resté avec eux !
Acte de foi de Pierre, mais foi encore chancelante, mêlée de doute dès les premières difficultés, et qui demande à être consolidée par Jésus. De même que la barque des disciples était au milieu du Lac, Pierre n’a fait que la moitié du chemin de la foi pour reconnaitre vraiment Jésus sauveur.
Il a fait le 1er pas, mais très vite il s’enfonce (remarquez, avec son nom, c’est normal qu’il coule, l’apôtre Pierre !)
Cependant, il a le bon réflexe : « Seigneur, sauve-moi ! ». C’est autant un appel au secours, qu’un cri de foi, avec la certitude d’être entendu. Et c’est ce nouvel acte de foi, cet appel à Dieu dans la détresse, qui le sauve.
Pierre fait l’expérience, en pleine épreuve, du Dieu qui vient au secours de sa faiblesse. « Homme de peu de foi » certes, mais foi suffisante pour reconnaitre son besoin d’être sauvé.
De même que Jésus a béni les pains pour les distribuer à ses disciples pour les donner à la foule, de même, comme un maitre-marcheur-sauveteur, Jésus étend la main et saisit Pierre. Il repêche le pêcheur qui reconnait sa faiblesse. « Pourquoi as-tu douté ? »
Ecoutons Jésus dans notre vie d’aujourd’hui.
Qui de nous n’a jamais connu la détresse dans les circonstances dramatiques de la vie, quand tout va mal : la santé, le travail, l’amour, la vie familiale….
Qui n’a jamais douté de Dieu quand tout va mal ?
Qui a osé crier : « Seigneur, sauve-moi ! »
Oui, le 1er pas de la foi est notre réponse en actes, nos initiatives généreuses à l’appel de Dieu, avec toute notre intelligence, notre cœur, notre force,
Mais l’expérience nous montre que nous ne pouvons pas nous sauver nous-même. La foi véritable, éprouvée, exige aussi notre confiance totale en Dieu, comme un enfant pour ses parents, quand il pleure, et quand il a peur.
« Courage, c’est moi, n’ayez plus peur ! »
« N’ayez pas peur ! » c’est le commandement le plus répété dans la Bible. On dit même qu’il revient 365 fois. Dieu ne veut pas que nous passions un seul jour sans entendre sa parole de réconfort : « N’ayez pas peur ! » (Années bissextiles ?). C’est le cœur de la foi.
Le Pape Léon le rappelait aux jeunes réunis à Assise, à l’occasion de la fête de la Transfiguration : « Nous sommes ici pour vaincre la résignation et la peur, pour dissiper les doutes qui nous retiennent, nous aussi, comme ils retenaient les apôtres. Jésus nous appelle (…) à écrire de nouvelles pages d’histoire.
Oui, Jésus nous appelle à lui faire confiance pour dépasser la peur et le doute, et pour que nous partagions ce message à toutes les foules affamées, affamées de vérité, en lui disant : « vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Amen

